Il pleut souvent sur la capitale des fjords, et les habitants en ont fait une fierté : la pluie lave les façades de bois, fait briller les pavés et donne aux montagnes environnantes leurs verts profonds. Ancienne capitale de la Norvège et porte des fjords de l'Ouest, la cité s'ouvre sur le Vågen, une rade historique où les navires de commerce se pressaient déjà au Moyen Âge. La chance des croisiéristes : une grande partie des attraits se concentre autour de ce plan d'eau, à distance de marche des quais.
Deux points d'accostage
| Quai | Situation | Accès au centre |
|---|---|---|
| Skolten (Skoltegrunnskaien) | Entrée du Vågen | De 5 à 10 minutes à pied de Bryggen |
| Jekteviken / Dokken | Zone industrielle, à environ 2,5 km | Navette fournie ou de 15 à 20 minutes à pied |
Depuis Skolten, la forteresse de Bergenhus apparaît dès la sortie du terminal. Ses remparts abritent le Håkonshallen, salle de cérémonie en pierre élevée vers 1260 sous le roi Håkon Håkonsson, témoin de l'époque où Bergen régnait sur le royaume.
Bryggen, la mémoire hanséatique
En longeant les quais, on atteint le quartier qui a valu à Bergen son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO : Bryggen. Ses maisons de bois aux teintes ocre, rouille et blanc s'alignent face à l'eau, serrées épaule contre épaule. Derrière les façades, des passages étroits s'enfoncent entre les bâtisses penchées, où les galeries d'artisans ont remplacé les entrepôts de morue séchée. Pendant des siècles, les marchands allemands de la Hanse y ont régné sur le commerce du poisson, et le musée Hanséatique, réparti entre la maison Finnegården et les salles communes du Schøtstuene, restitue leur quotidien austère : dortoirs glacés, comptoirs, registres et odeurs de plancher ciré.
Le marché aux poissons et le funiculaire
Au fond du plan d'eau, le marché aux poissons perpétue une tradition marchande séculaire, sous une halle moderne doublée d'étals extérieurs à la belle saison. Saumon, crevettes, flétan et fruits de mer s'y dégustent sur place, au coude à coude avec les habitants et les voyageurs. À quelques minutes de là s'ouvre la station inférieure du Fløibanen, funiculaire en service depuis 1918. La montée conduit au sommet du Fløyen, à 320 mètres d'altitude : la récompense, c'est ce panorama où la cité, ses toits, son bassin et ses îles se déploient d'un seul regard entre mer et montagnes. Des sentiers faciles sillonnent le plateau, et l'on peut redescendre à pied par les sentiers forestiers pour prolonger le plaisir. Prévoir de bonnes chaussures et un imperméable : le ciel change vite de ce côté-ci de la Norvège.
Musées et quartiers à flâner
Les amateurs d'art fileront vers les musées KODE, qui rassemblent autour d'un même ensemble peintures norvégiennes, arts décoratifs et salles consacrées à Edvard Munch. Tout près, les ruelles derrière le théâtre et le quartier de Nordnes alignent maisons blanches, hortensias et escaliers de bois : un Bergen résidentiel et paisible que peu de visiteurs pressés prennent le temps de parcourir. C'est pourtant là que la cité se montre la plus attachante, quand une éclaircie fait scintiller les toits mouillés. Les balades y débouchent sur des parcs face au large, où les habitants s'installent au moindre rayon de soleil.
Redescendre vers le quai
Le soir venu, les façades de Bryggen se reflètent dans les eaux calmes de la rade pendant que le navire largue les amarres. Bergen laisse à ses visiteurs une impression singulière : celle d'une cité qui a gardé la mesure humaine malgré sa gloire passée, où l'on passe en quelques minutes des remparts médiévaux aux étals de poisson, puis aux hauteurs boisées. Ceux qui n'ont fait qu'y transiter vers les fjords se promettent presque toujours d'y revenir plus longuement, et ils ont raison.


