Le golfe de Salerne s'ouvre comme un amphithéâtre, et les montagnes y plongent si brusquement que les maisons semblent retenues au-dessus de l'eau par un simple pli de la roche. C'est dans ce décor vertical que le navire jette l'ancre : la baie manque de profondeur pour accoster, et c'est en navette que l'on rejoint la jetée de la marina. La traversée dure quelques minutes, juste assez pour voir grossir les campaniles, les arcades blanches et les citronniers en terrasses. Dès le débarcadère, la place principale se trouve à une minute de marche.

Une république née de la mer

Bien avant Venise et Gênes, Amalfi comptait parmi les premières républiques maritimes d'Italie. Ses marins commerçaient avec Byzance et l'Orient, et ses règles de navigation ont fait autorité en Méditerranée pendant des siècles. De cette époque, la cité conserve un enchevêtrement de ruelles voûtées, d'escaliers et de passages couverts qui grimpent entre les maisons. S'y perdre volontairement demeure la meilleure façon de comprendre comment tant de vies ont tenu sur une si mince bande de terre, entre la montagne et l'eau.

La cathédrale Sant'Andrea

Depuis la Piazza Duomo, un escalier monumental d'une soixantaine de marches monte vers la façade dorée et les mosaïques de la cathédrale Sant'Andrea, fondée au IXe siècle. L'intérieur marie influences arabo-normandes et décor baroque, et la crypte abrite les reliques de l'apôtre André, rapportées au Moyen Âge. Prenez le temps d'observer les portes de bronze coulées en Orient vers l'an mille, puis attablez-vous à l'une des terrasses de la place : le va-et-vient des passants entre les étals de céramique vaut bien un espresso.

La vallée des moulins et le papier

En remontant la rue principale une dizaine de minutes, la rumeur s'estompe et la vallée se resserre. C'est là que tournaient autrefois les moulins qui firent la réputation du papier amalfitain, vendu jadis dans toute la Méditerranée. Le Museo della Carta, installé dans un moulin du XIIIe siècle, montre encore la fabrication artisanale des feuilles à partir de fibres de coton, presses et cuves à l'appui. On en repart souvent avec un carnet ou quelques cartes, souvenirs légers d'un savoir-faire presque millénaire.

Ravello, le balcon du littoral

Près du débarcadère, les autobus de la compagnie SITA grimpent la route en corniche vers Ravello, perchée à plus de 300 mètres au-dessus des flots. Le trajet, sinueux à souhait, offre déjà des vues plongeantes sur les criques. Là-haut, la Villa Rufolo ouvre ses jardins aménagés autour d'une demeure du XIIIe siècle; Wagner y trouva l'inspiration, et des concerts s'y donnent encore l'été. Comptez une demi-journée pour l'aller-retour, en gardant une marge pour la circulation, dense en haute saison.

Repères pratiques

  • Débarquement en navette directement au quai de la marina, à deux pas du centre : aucun transport n'est nécessaire pour la vieille ville.
  • Museo della Carta : environ 10 minutes à pied en remontant la rue principale.
  • Ravello : autobus SITA depuis le front de mer, trajet d'environ 25 à 30 minutes selon la circulation.
  • Positano et les villages voisins : liaisons par autobus ou par vedettes selon la saison; vérifier les horaires de retour avant de partir.

Avant de remonter à bord, beaucoup s'accordent une granita au citron face aux barques colorées tirées sur les galets. Depuis le pont, on regarde ensuite la cité se replier lentement dans son entaille de montagne, clocher après clocher, et l'on se surprend à chercher déjà sur la carte le chemin qui ramènera un jour vers ce rivage.