L'arrivée à Akureyri se gagne mille mètres à la fois. Le navire remonte l'Eyjafjörður, le plus long fjord d'Islande, pendant près d'une heure : des montagnes aux sommets souvent enneigés jusqu'en été encadrent une eau étale où jouent parfois des baleines à bosse, et des fermes isolées ponctuent les rives. Au fond de ce couloir apparaît la capitale du Nord, 20 000 habitants, ses maisons étagées sur la pente et son église dressée en haut d'un grand escalier. Le quai se trouve à cinq ou dix minutes de marche du centre : peu de ports islandais se donnent aussi facilement.
Une ville à taille humaine
La rue Hafnarstræti, piétonne et bordée de maisons colorées, concentre cafés, librairies et boutiques de laine. En la remontant, un détail fait sourire tout le monde : les feux de circulation d'Akureyri sont en forme de cœur, héritage d'une campagne locale d'optimisme née après la crise financière de 2008. L'église Akureyrarkirkja, œuvre de Guðjón Samúelsson, l'architecte de la grande église de Reykjavik, domine la ville du haut de son escalier; son intérieur sobre s'éclaire de vitraux et d'un plafond bleu constellé. La montée se fait en quelques minutes et la vue sur l'Eyjafjörður récompense l'effort.
Le jardin botanique le plus au nord du monde
À quelques rues de l'église, le jardin botanique cultive des milliers d'espèces à moins de 100 km du cercle polaire, un exploit rendu possible par le microclimat étonnamment doux du fond du fjord. Pavots bleus de l'Himalaya, plantes arctiques et fleurs islandaises s'y côtoient dans un vallon soigné, en accès libre. Les habitants viennent y lire au soleil; les croisiéristes y reprennent leur souffle entre deux excursions, un chocolat chaud du pavillon-café à la main quand la brise se lève. C'est l'un des rares endroits au monde où l'on peut herboriser sous le soleil de minuit.
Goðafoss, la chute des dieux
À 45 minutes de route vers l'est, la rivière Skjálfandafljót plonge en un large fer à cheval : Goðafoss, la « chute des dieux ». Son nom viendrait de l'an 1000, quand le porte-parole de l'assemblée islandaise, ayant tranché en faveur du christianisme, aurait jeté ses idoles païennes dans la cascade. Des sentiers mènent au bord des deux rives, assez près pour sentir les embruns. L'excursion se combine aisément avec la région du lac Mývatn, à environ 80 km d'Akureyri : pseudo-cratères, champs de lave aux formes tourmentées, marmites de boue fumantes et bains géothermiques y composent un condensé de l'Islande volcanique. Comptez une demi-journée complète pour l'ensemble.
| Attrait | Distance | Temps à prévoir |
|---|---|---|
| Centre-ville et Akureyrarkirkja | 5 à 10 minutes à pied du quai | 1 à 2 heures |
| Jardin botanique | Environ 1,5 km du quai | 1 heure |
| Goðafoss | Environ 45 km | Demi-journée |
| Lac Mývatn et bains naturels | Environ 80 km | Une demi-journée ou davantage |
Baleines et bains chauds
Le fjord lui-même vaut une sortie : des excursions d'observation partent du port à la rencontre des baleines à bosse qui fréquentent l'Eyjafjörður en été, avec un taux d'observation parmi les meilleurs du pays. Au retour, les lagunes géothermiques du secteur, dont un établissement en forêt qui domine les pentes, prolongent l'escale à la manière islandaise : dans l'eau chaude, cheveux au vent frais.
Akureyri réunit en une escale ce qui fait courir les voyageurs à travers l'Islande : cascades, volcans, baleines, bains fumants, et une vraie ville nordique où la vie suit son cours. En redescendant vers le large au soir, on regarde les montagnes se refermer derrière le navire comme une parenthèse, et l'Islande du Nord paraît soudain bien plus vaste que ce qu'en montrent les cartes.


