La baie s'ouvre d'un coup, presque circulaire, bordée de collines où les immeubles grimpent en gradins. Le navire glisse vers la Terminal Marítima, plantée en plein cœur du vieux Acapulco. Aucune navette à prévoir : la passerelle débouche directement sur les rues qui ont fait la légende de la côte pacifique mexicaine dans les années 1950, quand les vedettes d'Hollywood y passaient l'hiver.
Le fort San Diego, sentinelle du Pacifique
À une dizaine de minutes de marche du quai, une forteresse en étoile à cinq branches domine la rade. Le fort San Diego protégeait autrefois le galion de Manille, ce navire chargé de soie et d'épices qui reliait Acapulco aux Philippines pendant deux siècles et demi. Le musée historique aménagé dans ses salles raconte ce commerce transpacifique, les attaques de pirates et les tremblements de terre qui ont façonné la région. Des remparts, le regard embrasse toute la baie, avec les navires en contrebas.
Le zócalo et son marché
En redescendant vers le centre, la place principale apparaît sous une voûte de figuiers banians qui donnent une ombre dense, précieuse dès le milieu de l'avant-midi. La cathédrale Nuestra Señora de la Soledad la borde avec sa façade singulière, coiffée de dômes bleus qui évoquent davantage Byzance que le Mexique colonial. Autour, les cireurs de chaussures, les kiosques à jus et les joueurs de dominos composent une scène quotidienne qui n'a rien de touristique. Le marché central, à quelques rues de là, aligne piments séchés, mangues et étals de poisson dans un joyeux vacarme.
La Quebrada, le saut dans le vide
Un trajet de cinq à dix minutes en taxi mène au spectacle le plus célèbre de la destination. Depuis 1934, les clavadistas s'élancent d'une falaise de 35 mètres dans une crique étroite, en calculant leur saut sur le rythme des vagues. Ils grimpent la paroi à mains nues, se recueillent devant une petite chapelle, puis plongent sous les yeux des spectateurs massés sur les belvédères. La précision du geste, transmise de père en fils, impressionne bien davantage que n'importe quelle attraction moderne.
Le malecón et la vie de la rade
Entre deux visites, la promenade du front de mer relie le débarcadère au reste du centre ancien. Les vendeurs de noix de coco glacée y côtoient les agences de pêche sportive — le marlin et le voilier ont fait la renommée de ces eaux —, et les bancs à l'ombre offrent un poste d'observation parfait sur le ballet des embarcations. En semaine, ce sont surtout les habitants qu'on y croise, preuve que la vieille Acapulco appartient d'abord à ceux qui y vivent.
Caleta et l'île Roqueta
Les voyageurs qui souhaitent terminer l'escale les pieds dans l'eau rejoignent les criques jumelles de Caleta et Caletilla, au sud de la vieille ville. C'est ici que se baignait le gratin hollywoodien à l'époque dorée. L'eau y reste calme, les familles mexicaines s'y retrouvent la fin de semaine, et de petites embarcations à fond de verre font la traversée vers l'île Roqueta, à quelques centaines de mètres au large, pour observer les fonds marins ou marcher jusqu'à son phare.
Repères pratiques
| Depuis le débarcadère | Distance ou durée | Moyen |
|---|---|---|
| fort San Diego | environ 800 m, 10 minutes | à pied |
| zócalo et marché | 10 à 20 minutes | à pied |
| La Quebrada | 5 à 10 minutes | taxi |
| Caleta et Caletilla | environ 15 minutes | taxi |
Le centre ancien se parcourt aisément à pied sur terrain plat. Pour La Quebrada et les criques, mieux vaut convenir du prix de la course avant de monter à bord du taxi.
Avant de remonter à bord
Acapulco porte encore l'empreinte de sa grande époque, celle des galions comme celle du jazz des hôtels à flanc de colline. En revenant vers le navire le long du front de mer, on croise les pêcheurs qui réparent leurs filets là où accostaient jadis les richesses de l'Asie. Quatre siècles de va-et-vient maritime tiennent dans cette baie, et quelques heures suffisent pour en saisir l'écho.


